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Formation du gouvernement, Ca coince et ca grince
actuel n° 122, vendredi 23 décembre 2011
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La méthode Benkirane a séduit les électeurs mais trouve ses limites quand elle doit se confronter aux pratiques des partis rompus au pouvoir. Histoire d’un gouvernement en gestation qui met du temps à arriver à terme...


En attendant de prĂ©senter Ă  Mohammed VI la nouvelle architecture de l’exĂ©cutif, Benkirane devrait franchir la dernière ligne droite pour la composition finale de l’équipe qui va piloter le gouvernement. Au menu de la rencontre entre le chef de l’Etat et le chef de l’exĂ©cutif,  les portefeuilles Ă©pineux de dĂ©partements sensibles comme les Habous, l’Administration de la dĂ©fense, et le SecrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral du gouvernement.

Il devait être également question de l’organigramme des ministères, enfanté dans la douleur. Dimanche dernier, entouré des hiérarques de la majorité, Benkirane a pu constater que, malgré les accords de principe, chaque patron avait sa petite idée. Chacun jouait sa partition selon des calculs politiciens révélateurs des batailles à couteaux tirés qui ont lieu en coulisses pour rafler un strapontin ministériel.

Quand a circulé l’information selon laquelle les islamistes chercheraient à réduire le gouvernement à une mini-équipe concentrée en trois pôles – social, économique et un pôle des ministères de souveraineté –, Benkirane a dû essuyer la colère de ses coéquipiers dont certains ont même menacé de claquer la porte.

Pas question de laisser passer la proposition de ministères concentrant deux départements, comme ce fut le cas pour l’Artisanat que les islamistes voulaient diluer dans le Tourisme. Il a donc fallu renoncer à l’idée initiale de Benkirane qui consistait à présenter une équipe réduite.

Au final, l’organigramme que le roi a validé ne contiendrait pas d’innovations majeures par rapport au gouvernement précédent, si ce n’est que le poste de vice-président, que devait occuper Abdellah Baha, serait remplacé par un strapontin de ministre d’Etat.

Dans cette équipe de trente ministres (avec un seul secrétariat d’Etat aux Affaires étrangères), le ministre de la Communication gérerait également la Culture. Le puissant ministère de l’Intérieur serait divisé en deux, avec un département qui correspondrait en gros au département actuel de Taïb Cherkaoui, mais qui perdrait sa direction des collectivités locales au profit d’un ministère délégué chargé de la Décentralisation et des Collectivités locales.

L’Artisanat hérite d’un ministère à part entière ainsi que la Pêche qui quitte le giron du

ministère de l’Agriculture. L’Enseignement revient à son découpage originel avec un ministère de l’Education et de l’Enseignement qui ne se chargera que du primaire et du secondaire, alors que le ministère délégué aura fort à faire avec le dossier épineux de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Contraints, les islamistes ont accepté de reconduire la formule qui consiste à rassembler les deux secteurs de l’Equipement et du Transport dans l’escarcelle du ministère de l’Equipement.

Concernant les autres départements, on a juste joué sur les appellations comme c’est le cas avec le département de la Justice qui devient le ministère de la Justice et des Droits de l’homme, ou encore le département chargé des Relations du gouvernement avec le Parlement, auquel on a ajouté « et avec la Société civile ».

Enfin le haut-commissariat aux Eaux et Forêts disparaît au profit d’un ministère à part entière, à l’appellation pompeuse de ministère du Développement durable et des Eaux et Forêts.

 

Méthodologie contestée

Autre casse-tête pour le chef du gouvernement : le choix des ministres. Si le PJD s’en est sorti en faisant passer au crible du vote tous les prétendants, ce ne fut guère le cas des autres formations politiques où la course aux strapontins a souvent tourné à l’affrontement en raison d’intérêts politiciens.

 

Le choix des candidats devait se fonder sur l’honnêteté, la compétence et la bonne réputation, à partir de larges consultations entre les forces politiques et leurs bases. La méthodologie adoptée par Benkirane, avec la bénédiction du roi, a fait beaucoup de mécontents et a cristallisé les tensions au sein des partis.

En témoignent les querelles qui ont marqué les réunions des états-majors des partis au pouvoir. Considérés comme finis, laminés en termes d’impact politique, des caciques comme M’Hamed Khalifa, Mohamed Louafa pour l’Istiqlal, Souhail pour le PPS, ou encore Aherdane pour le MP, se sont manifestés pour soumettre leur candidature ou celle de leurs protégés.

La démarche des islamistes, jugée un tant soit peu en phase avec les appels à la transparence, est en rupture avec le clientélisme ambiant. Cela n’a rien d’étonnant. Au premier rang des revendications des électeurs qui ont porté au pouvoir le PJD, figurait la moralisation de la pratique politique. « Nous ne pouvons plus présenter des visages qui ont fait leur temps, des personnalités qui ont cristallisé le mécontentement de la rue ou encore des responsables qui traînent des casseroles », explique Benkirane.

 

Pouvoir hétéroclite

D’une manière générale, même si l’omerta était de mise, on a pu savoir que les réunions avec les chefs de parti ont été le théâtre de tous les paradoxes, révélant par la même occasion les lacunes de la méthode Benkirane. « A force de chercher le consensus sur toutes les questions, le chef du gouvernement a eu beaucoup de difficultés à faire avancer les négociations », susurre-t-on.

Et à vouloir contenter tout le monde, Benkirane s’expose. Même aux coups de ses propres alliés. Et si c’était là la véritable faiblesse de Benkirane ? En acceptant de piloter le gouvernement, ce dernier a cru pouvoir s’inscrire dans un schéma classique : un Premier ministre, chef d’une majorité confortable.

Or le chef des islamistes est aujourd’hui le patron d’un pouvoir hĂ©tĂ©roclite. Et il n’a guère de  pouvoir sur le ballet informel de personnalitĂ©s et de rĂ©seaux qui se font et se dĂ©font au grĂ© de ses partenaires au gouvernement.

 

Les bonnes fées

Dans la perspective de la cohabitation avec une opposition pure et dure, tous ces petits couacs ont pour résultat de rendre la vie impossible à tout chef de gouvernement. Même aussi diplomate, souple et populaire que Benkirane. Pourtant, le Premier ministre a en main toutes les cartes pour réussir. Avec le Printemps arabe, les bonnes fées de l’appel pressant au changement s’étaient penchées au-dessus de son berceau.

Les conseils de Youssoufi, les recettes de Bensaïd Aït Idder, les encouragements des islamistes turcs, tunisiens ou encore égyptiens soutenant qu’« il n’y avait plus d’alternative possible aux islamistes aux commandes » : personne ne manquait à l’appel. Malgré cela, le maître des lieux n’a pas encore réussi à tracer une perspective politique pour démarrer dans les meilleures conditions sa législature.

L’homme ne s’est d’ailleurs pas privé de faire part de ses craintes à Mohammed VI. « Je sais comment travailler, mais je ne sais pas contrôler. » Et le souverain de lui répondre « faites ce que vous avez à faire, le reste viendra ».

Abdellatif El Azizi

Au PJD n’est pas ministre qui veut


A l’heure oĂą les ministrables sèment la zizanie au sein de leurs formations, le PJD gère les ambitions de ses cadres avec exemplaritĂ©. 

Le PJD n’en finit pas de ridiculiser les autres formations politiques, en faisant figure de modèle à suivre en termes d’organisation et de discipline internes. Alors que les directions des autres membres de la coalition gouvernementale croulent sous les CV de ministrables, parfois nés de la dernière pluie, le parti de Abdelilah Benkirane a approuvé, le 17 décembre, un document fixant, noir sur blanc, la procédure du choix des ministrables dans le futur exécutif.

L’objectif est notamment de « gagner l’enjeu de la lutte contre la corruption et le despotisme tout en mesurant la taille des responsabilités qui incombent aux ministres pour traduire dans les faits les promesses contenues dans le programme électoral ». Jamais un parti n’a recouru à des normes aussi claires pour le choix des candidats aux maroquins.

Souvent, ils ne le font pas pour éviter les vengeances de ministrables cupides qui pourraient bien sortir des cadavres du placard. C’est d’ailleurs ce même lobbying qui a été derrière l’abandon de l’option d’un gouvernement resserré, auparavant promise par Abdelilah Benkirane. A l’Istiqlal, par exemple, « pour faire face aux multiples demandes des ministrables, Abbas El Fassi a été malin en laissant fuiter leurs noms de manière à les griller, sans qu’il soit directement impliqué dans le refus des candidatures », nous confie un cadre au sein du parti de la balance.

 

Parcours du ministrable

Selon l’article 29 du statut interne du PJD, « le conseil national a le droit de choisir les nominations pour les postes politiques ». Une disposition appuyĂ©e par l’article 13 du mĂŞme texte qui dit que « les membres ne peuvent accĂ©der Ă  aucune haute fonction politique sans l’aval du secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral ». 

Et si les critères d’élection reposent théoriquement sur « l’honnêteté, la droiture, la compétence, l’efficacité et l’engagement partisan », leur concrétisation fait l’objet de mécanismes rigoureux. La procédure comprend deux tours.

Dans un premier temps, c’est le conseil national du parti qui fait les propositions de ministrables, lesquelles sont transmises ensuite au secrétariat général (l’équivalent du bureau politique). Cette première étape, dite de proposition, est du ressort d’une commission issue du conseil national (parlement du parti, ndlr).

Ce dernier élit 36 de ses membres qui constitueront « l’instance de proposition » chargée de fournir une première liste de ministrables. C’est chose faite. Najib Boulif, économiste du parti et député de Tanger, a été classé en tête de l’instance de proposition avec 109 voix et la commission siègera bientôt, précise-t-on, auprès du PJD.

Après avoir suivi un exposé sur la composition du gouvernement et les compétences de chaque département ministériel, les 36 membres proposeront chacun trois noms choisis dans la liste pour occuper un portefeuille donné. S’ensuit une opération de vote pour sélectionner les cinq favoris pour chaque département.

Enfin, les propositions parviennent au secrétariat général. Ses 18 membres retiendront trois noms parmi les cinq proposés par l’instance de proposition. Dernière étape, le secrétaire général choisit ensuite un nom parmi les trois restants qu’il proposera au roi, conformément à l’article 47 de la Constitution.

Ali Hassan Eddehbi


Intérieur

Cherche ministre désespérément


Si Driss Jettou n’a pas exprimé un grand enthousiasme à répondre aux sollicitations des islamistes pour occuper le poste de ministre de l’Intérieur, c’est que l’homme connaît bien le département pour l’avoir géré avant de piloter la primature.

Depuis près d’un mois, le chef du gouvernement tente péniblement de dépasser le stade des discussions sur le nombre et la composition des départements ministériels. S’il a bien avancé sur certains candidats potentiels, Benkirane fait du sur-place dès qu’il s’agit du ministère de l’Intérieur et du choix du profil le plus adéquat.

L’homme aurait dû tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de déclarer péremptoirement, juste après sa nomination, que tous les ministres seraient politiques, à l’exception de celui des Affaires islamiques qui fait partie de la chasse gardée du roi. Ses efforts pour trouver l’homme du consensus à même de remplacer Taïb Cherkaoui ne semblent pas encore porter leurs fruits.

Même si Benkirane multiplie les embrassades avec les dirigeants du MP, il voit rouge dès qu’on lui parle de Mohand Laenser à l’Intérieur. L’explication avancée par le patron de l’exécutif est que le personnage fait partie des figures « largement consommées », qui ont marqué la scène politique, comme l’explique un de ses lieutenants. Pourquoi les tractations butent-elles autant sur le département de l’Intérieur ?

 

Quadrature du cercle

Il y a d’abord les dossiers sensibles : drogue, sécurité, terrorisme. N’oublions pas que, jusqu’à la veille des législatives, ce sont les avocats du PJD et, à leur tête, le bouillonnant Ramid, qui défendaient bec et ongles le dossier des salafistes en prison. Les jihadistes qui ont été victimes d’une justice d’abattage, orchestrée par le ministère de l’Intérieur juste après le 16-Mai, comptent aujourd’hui sur Benkirane pour débloquer leur dossier. La quadrature du cercle, en somme !

 

Le pouvoir tel qu’il est dĂ©crit dans la nouvelle Constitution est un exercice dĂ©mocratique moderne, qui donne au vainqueur une lĂ©gitimitĂ© plus importante qu’auparavant. Mais c’est une arme Ă  double tranchant car elle facilite le travail des opposants. 

Les socialistes de l’USFP, ennemis jurés de tous les ministres de l’Intérieur qui se sont succédé à la tête de « la mère des ministères » comme se plaisait à le répéter Driss Basri, n’auront aucune difficulté à trouver les angles d’attaque pour fustiger le gouvernement islamiste.

 

Diplômés chômeurs, vingtfévrieristes, islamistes, manifs de bidonvillois… l’opposition a l’embarras du choix pour s’en prendre à l’Intérieur. C’est pourquoi peu de candidats se bousculent au portillon de ce département sensible.

 

Complexité du département

Plus difficile encore sera la cohabitation entre un gouvernement islamiste et un ministère qui correspond en réalité à un ensemble d’institutions régaliennes. C’est aussi pour cela que les islamistes ont pensé à des hommes comme Driss Jettou ou encore Saâd Hassar, qui disposent, en outre, de puissants relais au Palais.

D’ailleurs, place des ministères Ă  Rabat, on est bien conscient du risque de voir les islamistes ne pas comprendre grand-chose Ă  la complexitĂ© de ce dĂ©partement.  « Pourquoi des agents d’autoritĂ© prendraient-ils aujourd’hui la moindre initiative en rĂ©percutant des ordres qui viendraient du gouvernement et non pas de leur hiĂ©rarchie, risquant, au mieux, de mettre un terme Ă  leur carrière et, au pire, d’être expĂ©diĂ©s derrière les barreaux ? » explique un gouverneur Ă  la retraite.

Et de préciser : « Le travail des agents d’autorité, qu’ils soient caïds, commissaires ou simples moqadems, relève souvent du non-dit. Quand on démantèle une cellule terroriste ou une bande de dangereux malfaiteurs, personne ne veut savoir comment on a fait. On se contente du résultat. »

Aujourd’hui, la question n’est même plus de savoir si les walis et autres caïds sont prêts à recevoir des ordres d’un ministre islamiste, mais bien de prendre acte de l’impact psychologique d’une situation inédite où les ennemis d’hier sont aux commandes aujourd’hui. Le risque est bien réel de voir les walis et autres gouverneurs baisser les bras. Le pouvoir peut-il courir le risque de voir le Makhzen sombrer dans la dépression ?

Abdellatif El Azizi

 ***

Charte de la majorité

Benkirane verrouille son Ă©quipe


Le gouvernement a son règlement intérieur : un texte court mais vague, élaboré avec le PPS.

Un gros malin ce Benkirane. Il n’a pas attendu que les ministres soient au charbon qu’il a dĂ©jĂ  fait signer Ă  tout ce beau monde un document intitulĂ© « charte de la majorité ». PrĂ©sentĂ©e comme « un document contractuel pour une action commune, ainsi qu’un engagement vis-Ă -vis des citoyens de la part des formations politiques signataires », la charte est beaucoup plus qu’une dĂ©claration de bonnes intentions. 

On soulignera le caractère suffisamment vague du texte pour ratisser large, telle l’obligation d’œuvrer « dans le cadre du respect des valeurs sacrées et immuables de la Nation, conformément aux dispositions de la Constitution, tout en veillant à la mise en œuvre desdites dispositions dans le but de réaliser davantage de réformes et édifier l’Etat de droit, des libertés, de la justice et de la solidarité entre les différentes composantes du peuple marocain ».

L’appropriation de certaines valeurs par les islamistes via cette charte, comme l’élargissement de l’espace des libertĂ©s et de la participation citoyenne, l’égalitĂ© des chances au sein de la sociĂ©tĂ©, le rĂ´le de la femme sur la base de la paritĂ©, « la participation des jeunes dans la vie institutionnelle, la responsabilitĂ© et la laĂŻcité », est une planche de salut tendue aux communistes au gouvernement. 

Ces derniers essuient depuis leur décision d’y participer un feu nourri de critiques de la part des anciens camarades de Nabil Benabdellah. Ce n’est pas pour rien qu’on a confié au PPS le soin d’élaborer les grandes lignes de la charte.

Le choix qui a été fait par Benkirane pour ce document – celui d’un texte ne développant pas ou peu ce que sont les valeurs des islamistes, expurgeant habilement une logique de pureté idéologique qui leur est propre – ne peut cacher les desseins réels du chef du gouvernement.

« A ce stade des tractations, on ne peut pas faire de procès d’intention aux islamistes mais il semble que la charte ait deux objectifs : le premier est de permettre aux islamistes de faire passer une partie de leur programme, et le second est d’empêcher le retour de ces ministres francs-tireurs qui recevaient leur programme ministériel du palais », explique l’un des ministres sortants.

 

Le baroud d’honneur de l’USFP

La feuille de route de Benkirane est d’ailleurs explicite dans ce sens puiqu’elle définit les règles de conduite à respecter dans le cadre des rapports entre le chef du gouvernement et les ministres, ainsi qu’entre les différents départements.

 

Cerise sur le gâteau, tout un chapitre est consacré aux relations cordiales avec l’opposition puisque le chef du gouvernement ne propose pas moins de « coopérer et dialoguer avec l’opposition, dans le but de lui permettre de remplir son rôle constitutionnel et politique ». Mais l’opposition ne l’entend pas de cette oreille.

En tĂ©moignent le baroud d’honneur organisĂ© par l’USFP pour fustiger l’élection au perchoir de Karim Ghallab, et la rĂ©vĂ©lation des dossiers noirs de l’ex-patron de l’Equipement, savamment distillĂ©s Ă  la presse. Et pour couronner le tout, du cĂ´tĂ© du nouveau parti d’opposition qu’est le RNI, on apprend que Mezouar dĂ©tiendrait des dossiers sulfureux sur Abbas  El Fassi. Ainsi, en politique, le meilleur du pire est toujours certain.

Abdellatif El Azizi


Ghellab dans l’œil du cyclone


La constitutionnalité de son élection, ses compétences, ses rapports avec le sérail… tout est sujet à controverse dans l’élection de Karim Ghellab au perchoir.

Le deal a été conclu bien avant la séance plénière d’ouverture du Parlement. Quelques jours auparavant, interrogé après une réunion avec les chefs des partis de sa majorité, Abdelilah Benkirane a répondu sans équivoque. « La présidence de la première Chambre reviendra au parti de l’Istiqlal. »

C’est que Abbas El Fassi avait sorti un argument en béton : jamais le parti de la balance n’avait obtenu cette distinction. Un argument qui a aidé à faire pencher... la balance du côté de l’Istiqlal. Ne restait donc plus que le choix de l’heureux candidat.

Il s’est portĂ© finalement sur Karim Ghellab, technocrate et ministre sortant. Une candidature qui a fait couler beaucoup d’encre. Le jour du vote, le groupe socialiste, appuyĂ© par le tonitruant  Abdelhadi Khairate, est montĂ© au crĂ©neau pour dĂ©noncer l’anti-constitutionnalitĂ© de la dĂ©marche. Furieux, les socialistes quitteront ensuite la salle…

 

Anti-constitutionnalité ?

« Face à son premier test, la majorité n’a pas été convaincante pour justifier qu’un ministre en exercice puisse se présenter à la tête de l’institution législative », peut-on lire dans l’éditorial d’Al Ittihad Al Ichtiraki.

« L’édification constitutionnelle promise par la majoritĂ© se fera avec de vieux jalons. En faisant croire que celui qui a le plus de voix a forcĂ©ment raison », dĂ©plore l’éditorialiste de l’organe de l’USFP. 

Cela Ă©tant, il faut relever que le parti de la rose a bien marquĂ© son retour Ă  l’opposition. Pour certains observateurs, l’anti-constitutionnalitĂ© de la dĂ©marche n’est qu’un prĂ©texte pour l’USFP qui aurait rebondi sur ce litige constitutionnel pour s’affirmer dans son rĂ´le d’opposant, dĂ©laissĂ© depuis 1998. 

Mais l’heure n’est pas au procès d’intention. On attendra d’abord que l’USFP tienne sa promesse de porter l’affaire devant le conseil constitutionnel. Ce qui est en soi une autre paire de manches…

 

Show politique

Du côté de l’Istiqlal, l’on préfère jouer aux sages et ne pas se brouiller avec les alliés d’hier. « Personne n’a le droit d’interdire un avis opposé. Nous pensons que les discussions houleuses le jour de l’ouverture du Parlement ont été bénéfiques.

Le fait que le débat soit répercuté au niveau de l’opinion publique est en soi quelque chose de très sain », avance-t-on du côté du parti de la balance. En effet, si la constitutionnalité de la démarche est légitimement remise en cause, il n’en reste pas moins que cet épisode aura au moins eu le mérite de refléter une coordination, une discipline et une homogénéité qui faisaient défaut au sein de l’équipe de Abbas El Fassi.

L’on avance aussi du côté de la majorité que « l’opération démocratique se fonde sur une majorité et une opposition. Et s’il va de soi que la majorité doit préserver les droits de l’opposition, la minorité doit accepter la logique démocratique ».

 

Candidat du Palais

Plus loin, l’on doit bien admettre qu’il existe des signes qui ne trompent pas. Juste après son élection au perchoir, la très officielle MAP a bombardé ses abonnés de portraits élogieux de l’heureux élu. Elle n’en avait pas fait autant lors de la désignation du chef du gouvernement ! Karim Ghellab a sans aucun doute la bénédiction des plus hautes sphères de l’Etat.

« Traditionnellement courroie de transmission des ordres entre le Palais et l’Hémicycle, l’institution du perchoir ne pouvait donc qu’être confiée à une personne en laquelle le sérail place sa confiance », confie un ancien député.

La confiance oui, mais le profil risque d’être inadapté. En parfait technocrate, Ghellab ne semble pas avoir l’étoffe pour un poste 100% politique comme le perchoir, soutiennent ses détracteurs. « Le nouveau président de Chambre vient de s’initier aux rouages de la politique politicienne. Il a enduré le martyre avant de passer son code de la route et l’on se demande si cette première leçon lui sera suffisante pour endosser ses nouvelles responsabilités », confie un ancien parlementaire.

Ali Hassan Eddehbi

***

Al Adl teste Benkirane


En quittant le 20-Février, Al Adl Wal Ihsane change de stratégie et impose un test au futur gouvernement. Une manœuvre surprenante, mais pas dénuée de logique politique.

L’information est tombée comme un couperet et a surpris son monde : le mouvement islamiste Al Adl Wal Ihsane, principale composante du 20-Février, a décidé de se retirer du mouvement la semaine dernière. Le communiqué publié par le cercle politique de la Jamâa est très clair.

Considérant que le mouvement ne peut arracher davantage de concessions, Al Adl annonce qu’il entame une réflexion sur de nouvelles méthodes de contestation qui seraient plus efficaces. La Jamâa du cheikh Yassine a dénoncé au passage les pressions du Makhzen qui tente par tous les moyens de « contenir la contestation » en cédant des « réformettes » qui ne changent rien à l’équation politique.

Pour Al Adl, c’est toujours « les forces du Makhzen et le carré royal qui prennent toutes les décisions ». Al Adl Wal Ihsane critique également le comportement des forces de la gauche présentes au sein du mouvement. Sans les nommer, le communiqué accuse les gauchistes de « récupération politique de la colère de la rue » pour renforcer leur position.

« Ce fut une décision très douloureuse à prendre », affirme Fathallah Arsalane, le porte-parole d’Al Adl, pour qui « les composantes du M20 n’ont pas fait leur autocritique et ne se sont pas rendu compte de leurs erreurs comme l’espérait (la Jamâa) ».

 

Une rue islamiste

De quelles erreurs parle-t-il ? Depuis le début du mouvement de contestation, Al Adl estime avoir subi beaucoup d’attaques de la part des « indépendants » et des courants de la gauche au sein du M20.

Certains n’ont pas hĂ©sitĂ© Ă  fustiger la Jamâa dans la presse, et ont imposĂ© leurs slogans tandis que la Jamâa adoptait un profil bas. Faux, rĂ©torque Oussama Khlifi, un des fondateurs du M20 qui dit qu’au dĂ©but « la Jamâa se conformait Ă  la plateforme de base avant de s’en Ă©carter quand elle s’est rendu compte de sa puissance numĂ©rique. » 

« La Jamâa a fourni le principal soutien logistique au 20-Février. Elle s’est retrouvée castrée en se voyant obligée de ne pas brandir de slogans islamiques alors qu’on entonnait des hymnes gauchistes imposés par les jeunes. Il y avait un risque de dilution de l’idéologie et de la doctrine d’Al Adl », analyse le politologue Mohamed Darif.

De plus, les disciples de Yassine ont constaté que la rue était plus islamiste que gauchiste, une idée confortée par la victoire électorale du PJD. Dès lors, continuer au sein du 20-Février aurait eu un coût politique trop important pour Al Adl Wal Ihsane.

 

Al Adl ne fait pas de cadeaux

Cette lecture, couplée aux déclarations de Fathallah Arsalane qui n’écartait pas, il y a quelques mois, la création d’un parti politique, fait dire aux observateurs qu’il s’agit d’un « cadeau » offert à Benkirane en gage d’ouverture du dialogue.

Cette analyse a vite été balayée. D’abord par le ton des déclarations des adlistes qui ont catégoriquement démenti des négociations en cours ou à venir avec Benkirane. Ensuite, ils parlent dans leur communiqué d’« islamisme makhzenien », estimant que le gouvernement n’est doté d’aucun pouvoir réel.

« C’est tout le contraire d’un cadeau, leur objectif est de compliquer la mission de Benkirane », oppose Darif, qui estime qu’il s’agit là d’un test. « L’objectif de l’Etat est d’endiguer le phénomène du 20-Février. Tant que cette excuse existe, Benkirane pourra retarder la concrétisation de ses promesses et des défis auxquels il fait face. »

Dans tous les cas, le retrait d’Al Adl pourrait sonner le glas du M20 qui devrait tenter une première sortie timide le week-end prochain, sur les appels insistants des forces de la gauche. Quant Ă  la Jamâa, elle entame une nouvelle stratĂ©gie et pourrait sortir lors d’une manifestation d’envergure dans une seule grande ville, arguant du droit de  manifester pacifiquement.

Z.C.

***

Le roi e(s)t le chef


La nouvelle Constitution installe un nouveau rapport entre le roi et le chef du gouvernement. Déjà, l’on sent un changement de ton dans les rapports entre les deux hommes. Qu’en est-il vraiment ?

J’ai vu le roi et il m’a demandé de lui raconter une de mes fameuses blagues. Je n’ai pas osé, et je lui ai dit, j’ai peur qu’elle ne vous fasse pas rire », lance Abdelilah Benkirane aux militants de son parti lors d’une réunion. Il leur faisait le compte-rendu (succinct) d’un entretien de près d’une heure qu’il venait d’avoir avec le souverain.

Avant cela, on a écouté le nouveau chef du gouvernement plaisanter sur sa hantise de porter une cravate, qu’il s’est résolu tout de même à mettre pour voir le roi. On a surtout écouté Benkirane déclamer à tue-tête son attachement indéfectible au Trône et son envie de travailler avec « l’appui et l’aide » de Dieu… et du roi.

Bien que souvent anecdotiques, ces sorties traduisent un état d’esprit différent et de nouveaux rapports qui lient désormais le chef du gouvernement au chef de l’Etat. Mais cela marque-t-il pour autant une délimitation des territoires entre les deux hommes ?

« Au fond, rien n’a changé car il s’agit du même cadre institutionnel. On assiste uniquement à une envie de Benkirane de montrer qu’il y a un nouveau souffle », estime Mohamed Moujahid, secrétaire général sortant du Parti socialiste unifié (PSU), une formation de gauche qui appuie la contestation de la rue.

 

Un discours offensif

Pour Moujahid, il s’agit de mesures cosmétiques qui ne changent rien aux fondamentaux des rapports entre le gouvernement et le Palais, régis par une Constitution qui maintient encore de larges prérogatives entre les mains du pouvoir monarchique.

« Sur le fond, le roi préside le Conseil des ministres, nomme aux emplois stratégiques alors que le chef du gouvernement ne fait que proposer. Il a l’exclusivité de la gestion du sécuritaire, préside le conseil de la magistrature, etc. », détaille le chef de parti.

Toujours est-il que le chef du gouvernement semble avoir les coudées plus franches que ses prédécesseurs dans la nomination des ministres qui ne devraient plus êtres parachutés de l’extérieur des partis.

Même si cette liberté est très limitée par l’obligation de constituer une coalition, en raison du système électoral à la proportionnelle qui empêche l’émergence d’un parti majoritaire. Cela étant dit, le discours des islamistes paraît tout de même plus offensif que celui de leurs prédécesseurs, augurant peut-être une nouvelle ère de cohabitation entre le roi et son chef du gouvernement.

 

Promesses en baisse

Mais là encore, les observateurs restent sceptiques. « Il ne faut pas se voiler la face. Ce n’est pas une cohabitation à la française, mais une hiérarchie des pouvoirs car le souverain reste le pivot. Nous sommes passés d’une monarchie exécutive à une monarchie au pouvoir équilibré », analyse le politologue Mohamed Darif.

D’ailleurs, Abdelilah Benkirane en est parfaitement conscient, et s’est empressé de déclarer qu’au Maroc, « c’est le roi qui gouverne », et qu’il « ne prendra pas de décisions allant à l’encontre de la volonté royale ». « Il faut connaître l’histoire du PJD et les garanties et conditions avec lesquelles il est entré dans le jeu politique en 1996 pour bien comprendre. Ils ne se positionnent pas en rivaux de la monarchie, bien au contraire.

En réalité, ce qui les avait gênés avec le PAM, c’est qu’il ait récupéré la symbolique royale à lui seul », analyse Mohamed Darif. Mohamed Moujahid rappelle que Benkirane a déjà revu à la baisse nombre de ses promesses. Il a, selon lui, montré quelques contradictions, dont notamment son maintien des ministères de souveraineté et son ouverture vers El Himma, qu’il abhorrait il n’y a de cela que quelques jours.

« De plus, quand on se penche sur les profils qui ont récemment rejoint le cabinet royal en tant que conseillers, il est clair que le roi s’entoure d’un gouvernement de l’ombre qui lui servira à peser lors des réunions du Conseil des ministres », estime Moujahid. Sans parler de la possibilité que garde le roi de dissoudre les deux Chambres (une seule pour le chef de gouvernement) et de renvoyer un ou deux ministres même après la formation du gouvernement…

Zakaria Choukrallah

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N°162 : Sortir de l’hypocrisie 
N°161 : Abdelkrim : Genèse d’une interview historique 
N°160 : Ecoles privĂ©es : El Ouafa s'en va-t-en guerre  
N°159 : Ex-prisonniers du Polisario : Voyage au bout de l’enfer  
N°158 : RentrĂ©e sociale :  Les syndicats pointent une concertation en trompe l'oeil
N°157 : Binationaux : J’ai deux amours...  
N°155 : Emigration : Entre rĂŞve et dĂ©sillusion 
N°154 : MRE : Ils sont rentrĂ©s, ils ont rĂ©ussi  
N°153 : 50 Marocains Ă  la conquĂŞte du monde 
N°152 : Mohammed VI : StratĂ©gie gagnante 
N°151 : Economie 2000-2012 : le grand virage 
N°150 : Ramadan : Le pĂ©ril jeĂ»ne  
N°149 : OĂą s’amuser cet Ă©tĂ© 
N°148 : Couples mixtes : Amours sans frontières  
N°147 : Pourquoi ne peut-on plus voir le nu en peinture ? 
N°146 : La dĂ©ferlante des malls 
N°145 : Quand le Maroc Ă©tait amĂ©ricain 
N°144 : L’universitĂ© se privatise 
N°143 : Cheikh Maghraoui :  Cet homme est dangereux
N°142 : Affaire Benallou :  Une nouvelle bombe Ă  retardement
N°141 : Etre Noir au Maroc 
N°140 : Faut-il abandonner le français ? 
N°139 : Entretien avec Hamid Benalfdil : DG du CRI du Grand Casablanca.
N°138 : Le sexe au temps du cĂ©libat 
N°137 : ONG: La face cachĂ©e de la sociĂ©tĂ© civile
N°136 : Le modèle turc : Mythe ou rĂ©alitĂ© ?
N°135 : Caisse marocaine des retraites : La bombe Ă  retardement
N°134 : Qui a tuĂ© Amina ? 
N°133 : Moralisation de la vie publique : Le spectre de la campagne d’assainissement plane
N°132 : DĂ©linquance :  Le Maroc a peur
N°131 : 14 femmes  pour Benkirane
N°130 : Le rĂ©veil des salafistes  Demain la charia ?
N°129 : Dilapidation des deniers publics:  Benallou et l'ONDA... pour commencer
N°128 : DSK   Le marocain
N°127 : Conservation foncière : pièges, magouilles, corruption
N°126 : Les enfants perdus  de Casablanca
N°125 : PJD  Les rois du marketing
N°124 : Le 20-FĂ©vrier s'essoufle...  mais le Maroc bouillonne
N°123 : Protectorat,   Cent ans sans solitude
N° 122 : Formation du gouvernement,  Ca coince et ca grince
N°121 : Portables, Internet, documents biomĂ©triques…  Flicage, mode d’emploi
N° 120 : Sondage exclusif :  Benkirane, Monsieur 82%
N°119 : Pourquoi le Maroc ne sera pas   islamiste
N°118 : Mohammed VI versus al-Assad,   Au nom du père
N°117 : Gouvernement :   Cabinets ministĂ©riels, de l’ombre Ă  la lumière
N°116 : Plan social :  les sacrifiĂ©s de la RAM
N°115 : Coup d’Etat :   Skhirat, L’histoire du putsch revue et corrigĂ©e
N°114 : Politique fiction  Et le gagnant est ...
N°113 : Le dernier combat de   Mohamed Leftah
N°112 : Portrait Abdelbari Zemzmi
N°111 : Harcèlement sexuel et moral  Un sport national
N°110 : Bilan  Le code de la dĂ©route
N° 109 : L’ONDA  Grosses tensions et petites combines
N°108 : Placements Comment sauvegarder son patrimoine  
N°107 : ImpĂ´t sur la fortune El Fassi lance un pavĂ© dans la mare  
N° 106 : Interview 
N° 104/105 : Presse Ă©trangère/Maroc Le grand malentendu  
N°103 : Le temps de l’amazigh  
actuel 102 : RĂ©fĂ©rendum Ecrasante victoire du Oui  
actuel 101 : FatĂ©ma Oufkir : Le roi et moi 
N°100 : 100 indignations et 100 solutions pour le Maroc 
N°99 : Projet constitutionnel Le roi et nous  
N° 98 : PĂ©dophilie  : Tolerance zero 
N° 97 : Gad, Jamel & co Pourquoi les Marocains font rire le monde
N° 96 : L’horreur carcĂ©rale 
N° 95 : Enseignement privĂ© : Le piège  
Actuel n°94 : Moi, Adil, 25 ans, marchand de chaussures et terroriste  
N°93 : Ces cliniques qui nous ruinent 
Actuel n°92 : Qui cherche Ă  dĂ©stabiliser le pays ?  
Actuel n°92 : Â«â€‰Nos attentes sont plus grandes que le 20-FĂ©vrier »  
Actuel n°92 : Trois jeunesses 
Actuel n°92 : Attentat : Le jeudi noir de la ville ocre  
Actuel n°92 : RĂ©volutions et attentats Sale temps pour Zenagui 
Actuel n°92 : Mais que veulent les jeunes ? 
Actuel n°92 : Il n’y pas que le 20-FĂ©vrier…  
Actuel n°91 : Le grand nettoyage 
Actuel n°90 : Le retour des adlistes 
Actuel n°89 : Ruby : sexe, mensonges et vidĂ©o 
Actuel n°88 : ImpĂ´ts : Halte Ă  la fraude 
Actuel n°87 : Hassan II TV c’est fini 
Actuel n°86 : Marine Le Pen : L’islam, les Arabes et moi 
Actuel n°85 : Vive le Maroc libre 
Actuel n°84 : Rumeurs, intox : Ă  qui profite le crime ? 
Actuel n°83 : ET MAINTENANT ? Une marche pour la dĂ©mocratie
Actuel n°81 : Sale temps pour les tyrans 
Actuel N°72 : Aquablanca : La faillite d’un système  
Actuel n°69-70 : Benguerir sur les traces de Settat 
Actuel n°68 : Art, sexe et religion : le spectre de la censure 
Actuel n°67 : Dans les entrailles de Derb Ghallef 
Actuel n°66 : Ces FQIHS pour VIP 
Actuel n°65 : RNI, le grand politic show 
Actuel n°64 : Bourse de Casablanca, des raisons d’espĂ©rer 
Actuel n°63 : Ex-ministres :  y a-t-il une vie après le pouvoir ?
Actuel n°62 : Le code de la route expliquĂ© par Ghellab
Actuel n°61 : La vie sexuelle des Saoudiennes… racontĂ©e par une Marocaine
Actuel n°60 : Chikhates, shit et chicha 
N°59 : Eric Gerets, la fin du suspense ?
N°58 : Onze ans, onze projets 
N°57 : Raid sur le kif 
N°56 : Sea, Sun & Ramadan 
N°55 : Casablanca, mais qui est responsable de cette pagaille ?
N°54 : Ces ex-gauchistes qui nous gouvernent 
N°53 : Au cĹ“ur de la prostitution marocaine en Espagne 
N°52 : DiplĂ´mĂ©s chĂ´meurs : le gouvernement pris au piège
N°51 : 2M : Succès public, fiasco critique
N°50 : L’amĂ©rique et nous 
N°49 : Crise, le Maroc en danger ?
N°48 : Les 30 Rbatis qui comptent 
N°47 : Pourquoi El Fassi doit partir 
N°46 : Chirurgie esthĂ©tique :  plus belle, tu meurs
N°45 : McKinsey dans la ligne de mire  
N°44 : Trafic sur les biens des Ă©trangers 
N°43 : Avec les Ă©vadĂ©s de Tindouf 
N°42 : GCM / Tamesna : Un scandale en bĂ©ton !
N°41 : ONA - SNI: Ils ont osĂ©
N°40 : Enseignement: Missions Ă  tout prix
N°39 : Le Maroc, terre d'accueil des espions 
N°38 : Bleu Blanc Beurk 
N°37 : Boutchichis Les francs-maçons du Maroc
N°36 : Hamid Chabat rĂ©veille les vieux dĂ©mons
N°35 : Vies brisĂ©es 
N°34 : Maires Ceux qui bossent et ceux qui bullent
N°33 : Botola Combien gagnent nos joueurs
N°32 : Sexe, alcool, haschich, jeux… Les 7 vices des Marocains
N°31 : Tanger Le dossier noir des inondations
 
 
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