EditoNouvelle GénérationDossierEconomiePolitiqueSociétéTendances & CulturePortraitBdVDiaporamaArchives
 
Follow actuel_maroc on Twitter
Follow actuel_maroc on Twitter
Marche de Casa : L’USFP tacle Benkirane  
actuel n°144, vendredi 1 juin 2012
| More

L’alliance Ă©tait hĂ©tĂ©roclite et parfois incongrue, mais le message Ă©tait clair dimanche dernier :  le gouvernement ne doit pas oublier un front social  qui se recompose Ă  vue d’œil.


 

A l'appel de la FDT et de la CDT, plusieurs milliers de manifestants (50 000 selon les organisateurs, la moitié d’après les autorités) sont descendus dans la rue à Casablanca pour célébrer « la grande marche de la dignité » comme l’ont pompeusement baptisée les deux syndicats de l’USFP. Ce dimanche matin, un service de navette par bus acheminait des personnes venues de tous les quartiers de la métropole. Les artères menant vers la place de la Victoire, à Derb Omar, étaient bondées de monde. Syndicalistes, diplômés chômeurs, étudiants, représentants de tous les corps de métiers, hommes politiques et militants du 20-Février ont manifesté contre « la misère noire qui plane sur le peuple ». Les participants, réunis dans une ambiance festive, brandissaient des pancartes aux slogans revendicatifs, et des menaces de la « génération changement » au gouvernement accusé d’inertie mortelle.

Dans le contenu rageur des slogans, on retrouvait également l’affaire Amina, le TGV ou encore le festival Mawazine... La marche fut un véritable fourre-tout où l'on a ressuscité les fameux « Benkirane dégage » , « à bas la corruption », ou encore « le peuple veut la chute de la prévarication ». Rien de bien méchant, mais cela n'a pas empêché certains sites à la déontologie douteuse d'évoquer des « slogans anti-monarchistes ». Ce envers quoi Ahmed Zaidi, membre du bureau politique de l'USFP, s'insurge : « Nous ne sommes pas des amateurs. Ce genre de slogans ne passerait pas, c'est de la désinformation pure et simple. »

Sur le fond, les manifestants ont appelé « au respect des engagements de l’accord du 26 avril 2011, et des libertés syndicales, à l’ouverture d’un dialogue social sérieux et responsable et à l’arrêt de la répression menée contre les manifestants pacifiques ». Très remontés contre le gouvernement islamiste, les deux patrons des syndicats, soutenus par les leaders de l’extrême gauche avec une présence massive des marxistes de Annahj addimocrati, ont exposé leurs griefs contre un gouvernement qui s’est mis aux abonnés absents.

 

Le gouvernement défié

Dans son allocution, Noubir Amaoui a violemment chargé le cabinet Benkirane précisant que le compte à rebours avait commencé pour l’équipe au pouvoir. « La classe ouvrière n’a pratiquement pas d’interlocuteur en face », s’est indigné le vieux syndicaliste. Quand à Abderrahmane Azzouzi, il a centré ses interventions sur l’aspect social de cette sortie « qui n’a aucun objectif électoraliste, et qui a été organisée pour amener le gouvernement à revoir sa politique dans un secteur social marqué par de fortes régressions et le recours à la répression pour faire taire les manifestants ».

C’est une vĂ©ritable dĂ©monstration de force que les deux syndicats de gauche ont menĂ©e pour dĂ©noncer « une politique attentatoire aux intĂ©rĂŞts des travailleurs marocains ». Auparavant, des tĂ©nors de la gauche Ă©taient montĂ©s Ă  la tribune pour prĂŞter main-forte aux syndicalistes. Pour exprimer leur solidaritĂ© Ă  l’appel des deux centrales syndicales, des personnalitĂ©s politiques comme Nabila Mounib, Mohamed Bensaid Ait Idder, Abdelhamid Amine ou encore Mohamed Achâari ont battu le pavĂ©, main dans la main. Un petit bĂ©mol cependant. Auprès des leaders de la gauche qui Ă©taient bien dans leur rĂ´le, on a vu  des figures honnies des gouvernements prĂ©cĂ©dents, venues se refaire une virginitĂ©. Jamal Aghmani, qui Ă©tait en charge du ministère du Travail dans le gouvernement sortant, semble oublier qu’il a Ă©tĂ© le fossoyeur du dialogue social que le gouvernement Youssoufi avait initiĂ©. Lahbib El Malki est restĂ© tristementcĂ©lèbre dans les annales de la gabegie et des dossiers noirs lors de son passage Ă  la tĂŞte du dĂ©partement de l'Enseignement.

« Dans tous les pays, ce ne sont pas les syndicats qui gouvernent, c'est le gouvernement. Si l’USFP veut faire de l’opposition, elle n’a qu’à la faire sur des dossiers concrets, elle a bien ses députés pour cela, au lieu de surfer sur le mécontentement corporatif », s’indigne l’un des ministres en exercice qui n’émarge pourtant pas au PJD.

Concernant le timing choisi pour lancer leurs troupes à l’assaut du gouvernement, les syndicalistes se sont défendus de répondre à un agenda politique, assurant avoir accordé à la majorité « tout le temps nécessaire en vue de s’enquérir du programme et des orientations de l’exécutif, ainsi que de sa méthodologie, pour répondre aux attentes et doléances de la classe ouvrière et des citoyens ».

En réaction à la marche, Abdelilah Benkirane, qui s’adressait la veille à ses ouailles au cours d’une rencontre à Bouznika, a commis un de ces traits d’humour dont il a le secret en s’interrogeant ingénument sur « un 1er mai qui se répète aussi rapidement ».

Le chef du gouvernement, qui débattait avec les pharmaciens du PJD, a dénoncé « les forces réactionnaires qui veulent faire avorter une expérience unique dans l’histoire du Royaume ». Des parties qui ne veulent pas que le gouvernement mène à terme « les préalables politiques et institutionnels indispensables à la lutte contre les inégalités et les privilèges sociaux, censés établir de nouveaux rapports pour réformer efficacement la société ».

Face Ă  une situation de tension extrĂŞme, Abdelilah Benkirane a-t-il les moyens de rĂ©pondre Ă  un contexte social en dĂ©composition avancĂ©e ? La dĂ©gradation du climat des affaires, une conjoncture  internationale incertaine, une dette faramineuse et des perspectives Ă©conomiques moroses ne laissent pas beaucoup de marge de manĹ“uvre au gouvernement.

Alors qu’on ne s’y attendait pas, le syndicat du Parti justice et développement (PJD), qui n’a pas participé à la marche, n’en a pas moins durement interpellé le chef du gouvernement exigeant que « s’engagent, dans les plus brefs délais, de réelles négociations loyales et sérieuses avec les organisations syndicales représentatives des travailleurs ». « L’exigence de réponses concrètes aux problèmes d’emploi, de chômage, de protection sociale, de pouvoir d’achat, de services publics, devrait être au cœur des préoccupations de votre gouvernement », a lancé Mohamed Yatim, le patron de l’UNMT à Abdelilah Benkirane.

Sauf que tout cela doit certainement passer par des actions concrètes et concertées pour sortir le pays de l’ornière.

Abdellatif El Azizi

| More
Archives Politique
N°173 : Cheikh Yassine : Disparition du prophète de l’apocalypse  
N°172 : USFP : Quatre candidats pour un seul projet 
N°171 : Istiqlal Chabat : s'en va-t-en guerre  
N°170 : Al Jazeera / Rabat : Fin du divorce cathodique  
actuel N°169 : Tanger : Le PAM en mode reconquĂŞte  
N°168 : Interview : Tarek SbaĂŻ  
N°167 : Congrès de l’USFP : Un parfum de transparence  
N°166 : Seconde Chambre : DĂ©gage  
N°164/165 : Mouvement populaire : Petites victoires, grandes attentes  
N°163 : RentrĂ©e parlementaire : Il est urgent de lĂ©gifĂ©rer  
N°162 : LĂ©gislatives partielles : Retour du classico PAM-PJD  
N°161 : Istiqlal La chute du Fassisme   
N°160 : Cacophonie gouvernementale : Y a-t-il un pilote dans l’avion 
N°159 : Maroc / Syrie : La guerre est dĂ©clarĂ©e  
N°158 : Interview Abdelouahed El Fassi 
N°157 : Mohamed Maradji : le photographe des trois rois 
N°155 : L’inquiĂ©tant populisme du PJD 
N°154 : La com’ de Benkirane en 5 questions 
N°153 : La mĂ©thode Chabat  
N°152 : Politique fiction : Les jours d’après  
N°151 : Deux Benkirane pour le prix d’un 
N°150 : Istiqlal : Guerre totale au sommet, acte II  
N°149 : Parti de l’Istiqlal : Pour qui penchera la balance  
N°147 : Hauts fonctionnaires : Le couperet des nominations  
N°146 : Qui veut la peau de Chabat 
N°145 : CommĂ©morations : Abdelkrim n’est pas mort  
N°144 : Marche de Casa : L’USFP tacle Benkirane  
N°143 : Patrons et politique :  l'improbable duo
N°142 : IntĂ©rieur : Les dessous d'un choix
N°141 : Communales :  Le casse-tĂŞte du calendrier
N°140 : RNI : un congrès plus aroubi qu’amĂ©ricain !
N°139 : Conseil de la ville de Casablanca : Les « pieds nickelĂ©s» Ă  la mairie
N°138 : PPS Dans l'ombre de Benkirane ? 
N°137 : Le SGG:  envers et contre tous
N°136 : Saison des congrès : Un dinosaure en chasse un autre
N°135 : Maroc-UE :  DĂ©claration d’amour
N°134 : Senoussi    L’homme qui en sait trop
N°133 : Martine au Maroc 
N°132 : USFP  Le congrès de toutes les rivalitĂ©s
N°131 : Al Adl,  bĂŞte noire de Benkirane
N°130 : Congrès du PAM  Le tracteur passe Ă  l'offensive
N°129 : SĂ©curitĂ© nationale  Les services ont le spleen
N°128 : Fouad El Omari  "Le PAM dĂ©range"
N°127 : Gouvernement  Les dossiers sensibles de l'Istiqlal
N°126 : Investiture :  Vote sous haute tension
N°125 : Programme,   plus de lettres que de chiffres
N°124 : Rabat/Ankara,   Il y a PJD et PJD
N°123 : Gouvernement.   On a le casting, on attend le film !
N° 122 : Le PSU   se positionne
N°121 : Formation du gouvernement :   Dernière ligne droite
N° 120 : Gouvernement :  Les signaux qu'on attend
N°119 : Entretien : Salaheddine Mezouar   Projet contre projet, idĂ©e contre idĂ©e
N°118 : Selwa,   de la rose Ă  la lampe
N°117 : Campagne Ă©lectorale :  A vos marques, prĂŞts...
N°116 : Programmes Ă©conomiques :  les enchères sont ouvertes
N°115 : Koutla/G8 :  les hostilitĂ©s peuvent commencer
N°114 : Interview  express
N°114 : Les pirates Ă  l’assaut   de la politique
N°114 : El Jadida  Attention candidat sulfureux
N°114 : Alliances  La gauche se rĂ©veille
N°113 : Interview  express
N°113 : Parlement : Session   La grande  évasion des dĂ©putĂ©s
N°113 : Alliance   Au G8, la nuit ne porte pas conseil
N°112 : DĂ©coupage Les ciseaux de la discorde
N°112 : Circonscriptions clĂ©s Fatiha Layadi, victime d’un putsch au PAM
N°112 : Interview express  Mohand Laenser
N°112 : Brèves Le PJD fait la danse du ventre Ă  Nador
N°112 : Faut-il abolir   la peine de mort
N°112 : Walou pour Oualalou  
N°111 : Alliances Le grand bazar 
N°110 : Justice  Peut mieux faire
N° 109 : Abdelkrim MoutiĂ®  Un exilĂ© bien encombrant
N° 109 : Printemps arabe  Demain la charia
N°108 : Mouvement du 20 fĂ©vrier Qui veut la peau de L7a9ed  
N°107 : Quotas Les femmes se rebiffent  
N°107 : Elections Faites vos jeux, rien ne va plus  
N°107 : Parlement Y a-t-il un avenir pour les jeunes  
N° 106 : Elections anticipĂ©es Le compte Ă  rebours a commencĂ©  
N° 104/105 : Champ religieux Les chiites avancent leurs pions  
N°103 : Istiqlal Cherche leader dĂ©sespĂ©rĂ©ment  
actuel 102 : Sahara Les tribus Ă  couteaux tirĂ©s  
actuel 101 : RĂ©fĂ©rendum Une campagne Ă  double dĂ©tente  
N°100 : Constitution Le dĂ©bat en cinq questions  
N°99 : Chabiba  Mini 20-FĂ©vrier Ă  l’USFP
N° 98 : Constitution Le nouveau règne  
N° 97 : Le printemps marocain sous surveillance 
N° 96 : RNI : Les Ă©lections d'abord  
N° 95 : Partis : Le PAM dans la tourmente  
N° 95 : CCG : Le oui, mais... du Maroc  
Actuel n°94 : 2012, c'est dĂ©jĂ  demain  
Actuel n°94 : RĂ©formes politiques : L'IMRI pose sa pierre  
N°93 : La monarchie, un système moderne 
Actuel n°92 : 20 FĂ©vrier : Ou en est-on ? 
Actuel n°91 : Barbouzeries Les islamistes veillent au grain  
Actuel n°90 : Le maire enfonce Abdelmoula 
Actuel n°89 : Manifester global et revendiquer local 
Actuel n°88 : Des partis plus royalistes que le roi 
Actuel n°87 : Benkirane dans la tourmente 
Actuel n°86 : Salaheddine Mezouar: « J’assumerai mes responsabilitĂ©s ! » 
Actuel n°84 : Du 20 fĂ©vrier au 20 mars... 
Actuel n°83 : Conflits d’intĂ©rĂŞts El Ferrae dĂ©croche la palme d’or
Actuel n°82 : Axe Rabat-Riyad  Destins croisĂ©s
Actuel n°81 : AĂŻcha Mokhtari  
Actuel N°72 : Le message de la Marche blanche 
Actuel n°69-70 : Comment Laâyoune a basculĂ© dans le chaos 
Actuel n°68 : Mieux partager pour vivre mieux 
Actuel n°67 : TĂ©lĂ©, Al Jazeera montre les crocs
Actuel n°66 : La guerre des zaouĂŻas 
Actuel n°65 : RentrĂ©e parlementaire : le roi recadre les dĂ©putĂ©s
Actuel n°64 : Sahara, des militants bien tendancieux
Actuel n°63 : Mustapha Salma Ould Sidi Mouloud, tĂ©mĂ©raire ou courageux ?
Actuel n°62 : La gauche est morte, vive les altermondialistes ! 
Actuel n°61 : Presse-Magistrature : liaisons dangereuses ? 
Actuel n°60 : Les Marocains d’Al-Qaida 
N°59 : La guerre secrète des lobbys 
N°58 : Scandales : cols blancs Ă  la barre 
N°57 : Congrès des islamistes : le MUR bĂ©tonne sa stratĂ©gie 
N°56 : Madrid-Rabat : bisbilles entre voisins 
N°55 : MĂ©dias et sociĂ©tĂ©, un dialogue national en cul-de-sac
N°54 : Les blogs s'activent politiquement 
N°53 : La prière du vendredi gagne du terrain 
N°52 : USFP Alerte rouge pour le parti de la rose
N°51 : MP : Jurassic Park Power 
N°50 : Partis Pour quelques jeunes de plus
N°49 : AMDH  Le 9e congrès officialise la mainmise d’Annahj
N°48 : El Fassi devant les dĂ©putĂ©s,  un bilan mitigĂ©
N°47 : Radi : « Les institutions Ă©lues doivent ĂŞtre irrĂ©prochables  
N°46 : La face cachĂ©e du Cheikh Yassine 
N°45 : Chabat :  retenez-moi ou je fais un malheur !
N°44 : El Himma Cible Abbas El Fassi 
N°43 : Election au perchoir:  Radi sous tension
N°42 : Affaire Belliraj  RĂ©vĂ©lations sur les chiites marocains en Belgique
N°41 : Lobbying : les think tanks au secours des partis politiques ?
N°40 : TĂ©lĂ©vision et politique:  Je t’aime, moi non plus
N°39 : Expulsions d’évangĂ©listes, L’oncle Sam indignĂ© !
N°38 : Cheikh Yassine qui va lui succĂ©der ?
N°37 : Le Makhzen reprend les choses en main
N°36 : Le PAM bouscule le champ politique
N°35 : A quoi sert le Parlement ? 
N°34 : Services secrets Le dur chemin de la bonne gouvernance
N°33 : Sahara La guerre des chefs
N°32 : RNI  Le triomphe de Mezouar
N°31 : Insultes, racisme, violence verbale Quand les politiques dĂ©rapent
 
 
actuel 2010 Réalisation - xclic
A propos Nous contacter