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Soufiane Nehrou  
actuel n°114, vendredi 28 octobre 2011
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Royaliste « tal mout »(*)

Les dinosaures ont fait leur temps et la relève arrive. Chaque semaine, actuel présente les futurs leaders du pays...


***

Lui, c’est Soufiane Nehrou, 22  ans, cofondateur du Mouvement des jeunes royalistes (MJR) et « plus jeune directeur de publication dans le monde arabe ». Il dit l’avoir vérifié et on le croira sur parole.

Baignant dès l’adolescence dans l’associatif, il lance en 2008, alors qu’il était encore à l’école de journalisme, Arrakib, premier hebdomadaire gratuit arabophone. Mais c’est surtout sa casquette de jeune ultra-royaliste qui fait parler de lui. Son mouvement s’était rendu célèbre par son opposition notoire au 20-Février.

Soufiane ne s’en cache pas et reconnaît que la raison d’être du MJR était de barrer la route au M20 avant même que celui-ci n’investisse la rue. Les animosités qui avaient d’abord commencé sur le réseau social Facebook se sont prolongées, ensuite, dans les rues.

Quelques divergences

En juillet dernier, le jeune homme fait le buzz en décidant de claquer la porte des jeunes royalistes en raison de plusieurs divergences, notamment le choix de continuer à contre-manifester dans les rues chaque week-end.

« Depuis que la Constitution a été approuvée par le peuple marocain, je ne vois plus de raison de continuer à investir les rues. Si le 20-Février veut continuer à manifester, c’est son affaire. Moi j’estime qu’il y a d’autres priorités », explique-t-il.

En effet, la mise en place d’ateliers de réflexion aux mécanismes d’application de la nouvelle Constitution est, à ses yeux, la priorité de l’étape actuelle. Encore récemment, Soufiane revient à la charge en exprimant sa vive condamnation du lynchage dont a été la cible le quotidien Akhbar Al Youm.

« Quand on a un problème avec une publication, on doit s’adresser à la justice. Je suis contre cette démarche et cette protestation qui a été entièrement orchestrée par le mouvement des jeunes royalistes », explique-t-il.

Pour autant, même s’ils divergent dans le choix des moyens d’action, Soufiane et les autres jeunes du mouvement ont en partage – au moins – la haine du 20-Février. Pourquoi donc ? « Je n’ai rien contre les jeunes du mouvement qui manifestent dans les rues. Moi, j’en veux à ceux qui tirent les ficelles ; depuis le premier jour, on les soupçonnait d’être derrière le M20 », nuance-t-il.

Selon lui, les éléments d’Al Adl Wal Ihsane constituent l’essentiel du mouvement et cherchent « la chute du régime ». Cet ultra-royaliste ne tolère pas qu’on lui parle de monarchie parlementaire ! « Si jamais le roi annonçait de lui-même qu’il réduisait ses prérogatives au stade symbolique, je sortirais manifester. C’est comme si un père de famille décidait de quitter ses enfants. Ils lui réclameraient de ne pas les abandonner », explique-t-il.

« Je ne suis pas un baltaji »

Il y a quelques jours, le nom de Soufiane est revenu sur le devant de la scène après des déclarations sulfureuses. « Je suis fier d’être un baltaji », disait-il dans une interview parue sur goud.ma. Des propos qu’il refuse aujourd’hui d’endosser arguant qu’ils ont été dénaturés et tirés de leur contexte initial.

« J’ai dit que j’étais fier d’être un baltaji, si ce mot veut dire défendre la monarchie et s’opposer à ceux qui lui veulent du mal ! », se justifie-t-il. L’ex-leader des jeunes royalistes n’a absolument rien à voir avec l’image des baltajias qui insultent les jeunes du 20-Février, les menaçant de coups et blessures, parfois, au nez et à la barbe des autorités. Bien au contraire, le jeune a l’air sympathique.

Et modéré surtout : « Je reconnais que, par moments, la police s’est montrée plus indulgente envers les contre-manifestants qu’avec les membres du M20. C’est injuste, à mon avis, il fallait tolérer tout le monde ou chasser tout le monde », dit-il sans démentir l’existence de dizaines de baltajias (des vrais !) dans les rangs des contre-manifestants.

« Je préfère les qualifier de peuple marocain non-encadré. Ils n’appartiennent pas à notre mouvement, mais il leur est arrivé de se joindre à nous. Quand ils débordaient, on essayait de les rappeler à l’ordre… nous avons même été violentés à cause de ça », se plaint-il assurant que les hordes de voyous qui défilent dans les rues, coutelas à la main, et qu’on appelle aussi « mouvement 20 dirhams », ne sont pas des mercenaires à la solde de quiconque. Pourtant, des vidéos postées sur YouTube et Facebook sont bien là pour attester le contraire...

Ali Hassan Eddehbi

(*) Tal mout : jusqu’à la mort

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